Pour une agriculture écologique, sociale et solidaire

Plusieurs associations et organisations ( l’Eau et la Terre, Collectif Eau Pure, Cicodes, Peuples Solidaires, Ingalan, Minga, Attac, PARADES, REPCIP29, Groupement des Agriculteurs Biologiques, Maison de l’Agriculture Biologique, UDSEA, Espace Solidaire, Whouamap ) partageant des valeurs communes se sont rassemblées au cours de l’année 2006 pour réfléchir ensemble et informer le public lors d’un forum local visant à :

- mieux comprendre par le dialogue et la formation avec les acteurs locaux et des experts, le tissage entre « nature et société » dans l’agriculture.

- élaborer des propositions alternatives au modèle existant prenant en compte les articulations entre la question sociale et la question environnementale ( certaines propositions feront l’objet de rédaction de fiches-propositions pour l’agenda 21 )

Les rencontres en amont du forum avec agriculteurs biologiques, faucheurs d’OGM, syndicalistes nous ont permis de réaliser un état des lieux et de définir des orientations politiques et citoyennes du local au global en accord avec les valeurs de liberté, de justice, d’égalité et de solidarité.

Etat des lieux :

Le Finistère : un département très agricole :

- Un modèle agricole puissant et intensif, développé au cours des trente glorieuses, initié par le modèle capitaliste américain d’après-guerre et soutenu par les mouvements syndicalistes et coopératifs.

- Classé du 1er au 5ème pour les productions de porcs, de volailles, d’œufs, de légumes primeurs et de lait.

- Environ 11000 exploitations sur 397500 ha de surface agricole utile (SAU) soit les 2/3 du territoire. La SAU reste stable alors que le nombre d’exploitations baisse.

- Le statut agricole se modifie : le nombre des exploitants individuels diminue alors que GAEC et EARL ( Exploitations Agricoles à Responsabilité limitée ) augmentent.

- L’accession à la terre devient inabordable : une exploitation de 40 laitières qui produit 300000 l de lait par an vaut dans les 400000 euros. La transmission familiale devient un vrai problème.

- Un état d’esprit, une éthique de « rapport à la terre » qui disparaît progressivement chez les paysans au profit de la recherche de rentabilité, de subventions.

- Le département es classé en zone vulnérable et 20 de ses cantons sont en ZES (zone d’excédents structurels ) en application de la directive européenne de 1991 relative aux nitrates. Eau non potable et prolifération d’algues vertes sont les principales conséquences.

- Un maillage bocager détruit lors du remembrement. ( déforestation, modification de l’écoulement des eaux, assèchement des zones humides, diminution de la faune et de la flore, dénaturation et érosion des sols…)

- Une industrie agroalimentaire très présente : 200 établissements dépendant d’entreprises de 10 salariés ou plus, ce qui représente plus de 16 000 emplois principalement dans l’industrie des viandes (9 100 personnes), du poisson (2 900), des corps gras et du lait (1 300), et des fruits et légumes (1 200).

- Le secteur volaille a une vocation quasi exclusive à l’exportation mondiale. La baisse des prix, associée à des paiements directs de l’Etat détruit dans certains pays du Sud ( Sénégal ) la production locale.

- Une agriculture biologique qui concerne 250 producteurs dont une centaine en élevage sur 2% de la SAU. 30 de ces producteurs transforment leurs productions sur place et qui se développe essentiellement en dehors des grands bassins de production agricole parmi les exploitants les plus jeunes et les mieux formés.

- Une politique agricole nationale favorisant toujours l’agriculture industrielle : l’agriculture biologique ne peut bénéficier des aides européennes au même titre que l’Italie ou l’Allemagne.

- Des consommateurs qui s’intéressent à des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement, qui apprécient la sécurité, la saveur des produits biologiques mais qui consacrent un budget restreint à l’alimentation ( 30 % des revenus aujourd’hui contre 50 % dans les années 50 ), effet aggravé par la précarité des revenus, et qui ne remettent pas en question leurs habitudes alimentaires ( essentiellement basé sur l’apport de protéines ) promues par le système marchand.

- Des multinationales Norvartis, Monsento etc…, fortes d’équipes techniques et commerciales percutantes, qui innovent sans cesse et popularisent ces innovations grâce à un discours à connotation généreuse, largement relayé par les médias : productions de médicaments, nécessité de lutter contre la faim dans le monde etc… Si jamais, dans l’opinion publique, le principe de précaution est invalidé par la perspective d’œuvrer pour la bonne cause, la porte devient grande ouverte à toutes les autres applications…Même si les agriculteurs bretons ne sont pas actuellement sous la dépendance créée par ces semenciers – parce que ce n’est pas une région céréalière et qu’il n’y existe pas de tradition de multiplication de semences ( comme cela peut l’être dans le sud ouest…)- la Bretagne est néanmoins une grosse consommatrice d’OGM par le biais des élevages industriels hors sol qui nourrissent leurs animaux à partir de végétaux génétiquement modifiés ( soja pour les protéines, maïs pour l’apport énergétique…). Tant qu’il y aura du maïs en Bretagne ( qui nécessite 500 l d’eau / pied au cours de toute sa croissance et permet d’obtenir de confortables subventions ), il faudra importer du soja (essentiellement transgénique). C’est la stratégie de la mondialisation des marchés s’établissant, entre autres, à partir d’une répartition planétaire de ces 2 cultures.

Bilan et problématiques :

- La course à la productivité, la logique extensive et uniformisante des multinationales en compétition sur le marché mondial provoquent un coût écologique de plus en plus élevé tant au niveau local qu’au niveau mondial ( eaux et sols pollués, territoire dénaturé, aliments malsains, biodiversité menacée, ressources naturelles affaiblies )

Que deviennent les droits naturels d’accès à l’eau, à l’énergie, à une alimentation saine, à la terre dans cette logique ?

- Le travail est une denrée précieuse. Alors les industries agro-alimentaires pourvoyeuses de main-d’œuvre ont beau jeu de présenter cet alibi pour disqualifier ceux qui remettent en cause leur modèle de développement. Pourtant…

Si toutes les exploitations se mettaient au bio, le besoin de bras dans les nouvelles exploitations, n’absorberait-il pas les débauches dans ces usines ?

Mais ce type d’emploi n’est pas actuellement développable, car empêché par le non accès à la terre de ceux qui voudrait le promouvoir.

- Le lien social se distend toujours davantage. La mondialisation, sous couvert de rationalité et de pragmatisme économique, organise la spécialisation des fonctions : Tout le monde en ville, avec des quartiers pour dormir, d’autres pour travailler, d’autres pour consommer. Ici, ceux qui produisent à bas coûts, là, ceux qui consomment à outrance. En nous faisant croire, qu’à terme, la main invisible du marché lissera tout cela pour le bien être de tous.

Ne faut-il pas au contraire, privilégier les circuits courts et remailler le tissu social en re-localisant productions et consommations sur des territoires plus restreints ?

2 Réponses à “Pour une agriculture écologique, sociale et solidaire”

  1. jeanstory dit :

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